Un régime amaigrissant ? Oui mais seulement en cas d’indication médicale et sous le contrôle d’un médecin nutritionniste ou d’un diététicien ! C’est en effet la position défendue par les experts de l’ANSES. Ils ont passé au crible les principaux régimes proposés dans le commerce et/ou sur Internet. Non seulement ces approches seraient inefficaces mais en plus elles comporteraient des risques pour la santé.
L’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a publié ce matin un « rapport d’expertise sur l’évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. »
“Atkins”, “Californien”, "Cohen”, “Detox”, “Dukan”, “Fricker”, “Mayo”, “Montignac”, “Ornish”, “ Weight Watchers”, “Zone”… Les auteurs ont ainsi décortiqué ces régimes et bien d’autres. Tous ont été choisis en fonction de leur popularité à travers leurs consultations sur Internet ou le nombre d’ouvrages vendus dans le commerce.
Nocifs. D’une manière générale, l’analyse des données scientifiques met en évidence des « effets néfastes sur le fonctionnement du corps et notamment pour les os, le cœur et les reins. Ainsi que des perturbations psychologiques, notamment des troubles du comportement alimentaire ».
Les auteurs évoquent ainsi une diminution moyenne de 1% à 2% de la densité minérale osseuse pour une perte de poids de 10%. Ce n’est pas tout. Les régimes hypocaloriques « peuvent induire de façon aiguë un risque de mort subite en lien avec des troubles du rythme cardiaque », explique l’ANSES. Ils provoqueraient aussi des inflammations au niveau hépatique. Pas moins ! Les hyperprotéiques non caloriques ? Ils pourraient affecter la fonction rénale.
Inefficaces. Les auteurs ajoutent que « plus on fait de régimes plus on favorise la reprise pondérale, a fortiori, en l’absence d’activité physique ». Celle-ci constitue un « facteur essentiel de stabilisation du poids ». Au final, la reprise pondérale concernerait « 80% des sujets après un an et cette proportion augmente avec le temps » Et les échecs à répétition sont autant de facteurs de risque « de dépression et de perte d’estime de soi ».
Etre accompagné. En conclusion, l’ANSES estime que « la recherche de perte de poids par des mesures alimentaires ne peut être justifiée que par un excès pondéral effectif ». Autrement dit, en présence d’un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30. Cette démarche doit en outre « faire l’objet d’une prise en charge par des spécialistes – médecins nutritionnistes, diététiciens – qui seront à même de proposer le régime correspondant le mieux aux caractéristiques de la personne ».
Source : ANSES, 25 novembre 2010
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