Bonjour Aurel85.
Au risque de dénoter dans un contexte encourageant, je prends la parole pour vous confirmer que mon expérience ressemble à la votre.
J'ai 44 ans, et je "promène" un lupus depuis si longtemps que le début est introuvable. Depuis une année, j'ai fait une forte poussée, je commence juste à sortir de mon fauteuil roulant.
Dans mon cas, le système nerveux est atteint (convulsions) sans qu'aucun examen n'ai pu le confirmer clairement. Toutefois, j'ai remarqué que lorsque mon organisme lutte contre un virus, je passe systématiquement par des
étapes-types. Ça commence par un
accès de déprime "déplacé dans le contexte" : je ne ressent aucune tristesse, mes larmes me désarçonnent autant que mes proches parce qu'elles ne reflètent ni mon humeur, ni l'apaisement qui est dans mon cœur au même instant ! Pourtant, elles durent plus ou moins longtemps.
Cette durée est proportionnelle à l'intensité de la poussée.
Le lupus fatigue, c'est connu...mais comment ne pas être mou dans ces conditions ! Une autre étapes-types est que je peine à penser :
je suis hébétée, incapable de passer à l'action, malgré mes décisions, mes intentions fermes. Je me sens assommée, ça donne l'impression que je suis démotivée mais c'est en contradiction avec mes projets :
je n'ai plus de batteries ! Il ne me reste plus qu'à dormir jusqu'à 17h/24, en attendant un répit. Le danger est de s'approprier ce symptôme et de se croire "lymphatique". Ma "petite recette" est de me fixer un objectif, même aussi dérisoire que de trier des photos numériques, et de le tenir
sans me fixer de durée. Le résultat obtenu démontre que j'ai la capacité d'agir, mais au ralenti à cause de la fatigue et des temps de sommeil (toujours) trop long qui en découlent.
L'insensibilité, la prise de distance dans les sentiments, peut venir de deux facteurs très différents : soit une atteinte neurologique, mais avant d'y penser sérieusement,il est plus logique de consulter un neurologue (personnellement, j'ai passé un ECG, une angio-IRM et une IRM cérébral); soit d'une réaction "humaine" face au combat imposé par cette maladie. Comment rester empathique lorsqu'on combat ses souffrances, ses inquiétudes, les réactions parfois malvenues de l'entourage, les effets secondaires des traitements,...etc. Le réflexe d'un animal blessé est de se replier sur lui-même, mais nous, humain, devrions resté frais et dispos, attentionnés aux besoins (même justifiés ) des autres, prêt à comprendre et écouter. Je suis loin d'être aussi forte, et c'est un droit que je revendique ! C'est permis de trouver dérisoire, futile, de l'énergie gaspillée, les "détails" qui sont importants aux yeux des autres, au moment ou justement, on manque d'énergie à cause d'une poussée. Ça n'est pas moins les aimer, seulement avoir le sens des priorités : soi d'abord ! Après la poussée, il sera bien temps de s'occuper du reste. "Une chose après l'autre." C'est mon slogan lorsque je vais trop mal.
Un rayon de soleil : toute poussée a un début et une fin...alors patience !
Bonne continuation.