C’est désormais prouvé, la chirurgie de l’obésité diminue le risque d’accident cardiovasculaire. Au terme d’un travail reposant sur des bases scientifiques solides, une équipe suédoise vient de le démontrer.
La chirurgie de l’obésité repose sur le recours à deux approches différentes visant l’une à favoriser la malabsorption des aliments, et l’autre à imposer une restriction des apports. Pour la première, une partie de l’intestin est en quelque sorte, « court-circuitée ». Les aliments sont directement dirigés vers la partie moyenne de l’intestin grêle, où seule une fraction du bol alimentaire est assimilée. La seconde technique pour sa part, consiste à réduire la taille de l’estomac. Elle permet ainsi tout à la fois de diminuer la quantité d’aliments ingérés, et d’accélérer la sensation de satiété.
Au-delà de la perte de poids qu’elles permettent d’obtenir, ces techniques semblent également favoriser la prévention des accidents cardiovasculaires. Le Pr Lars Sjostrom et son équipe, de l’Université de Göteborg dans le sud-ouest de la Suède, ont suivi 4 000 obèses, dont la moitié a bénéficié d’un traitement chirurgical. L’ensemble des participants a été recruté entre 1987 et 2001. Quant à l’analyse des données finales, elle s’est déroulée en 2009.
Moins de décès d’origine cardiovasculaires
Au cours de ce long suivi, les auteurs ont recensé 49 décès d’origine cardiovasculaire dans le groupe non opéré, contre seulement 28 parmi les patients ayant subi une intervention chirurgicale. Et au total, ils ont enregistré respectivement 234 et 199 accidents cardiovasculaires dans les deux groupes de patients. « C’est la première fois que nous démontrons l’efficacité de la chirurgie de l’obésité pour réduire le nombre d’accidents cardiovasculaires », explique Lars Sjostrom.
En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle que « la chirurgie de l’obésité s’adresse aux personnes adultes qui souffrent d’une obésité massive (IMC supérieur à 40) ». En cas d’obésité sévère (IMC supérieur à 35), elle peut également être proposée si elle est associée à au moins une complication pouvant être améliorée grâce à la chirurgie (diabète, hypertension artérielle, syndrome d’apnées du sommeil, troubles articulaires…).
Source : HAS, juillet 2009 – JAMA, 3 janvier 2012
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